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L'expérience de Stéphane en Chine

Après 4 années d’expérience acquises en Contrôle de Gestion commercial en France, ce nouveau poste en Chine est l’occasion de développer mes connaissances en Contrôle de Gestion industriel et d’enrichir mon parcours professionnel d’une expérience à l’international.

 

1/ Préparer l’expatriation : 9 mois d’impatience (ou de gestation !)
L’aventure commence en décembre 2016 lorsque le Groupe Wolf Lingerie m’offre l’opportunité de vivre 2 ans d’expatriation au sein de notre structure chinoise. Notre usine intégrée au Groupe se trouve dans le Sud de la Chine à Dongguan, une « petite » ville de 8 millions d’habitants (rien que ça !). « Coincée » entre Canton et Shenzhen et à 2 petites heures de Hong Kong, c’est une ville industrielle très étendue.
Apres quelques jours de réflexion – qui n’en étaient pas vraiment, je savais que j’allais accepter – je donne mon accord à la Direction. Pourquoi ai-je accepté ? Tout d’abord pour le challenge professionnel, ensuite pour l’expérience personnelle et la possibilité de voyager une fois sur place. Etant passionné de tennis de table – ou ping-pong pour ceux qui aiment le pratiquer à la plage  – et évoluant en championnat national avec mon club de Sarrebourg, c’est aussi une belle opportunité pour progresser et vivre avec des locaux, dans ce pays où le tennis de table est le sport national.
Le processus est donc enclenché en janvier 2017. L’entreprise me propose d’utiliser mes heures de formation (DIF) pour prendre des cours d’anglais intensifs. Peu pratiqué depuis la fin de l’Ecole de commerce (promo ESC Troyes 2013), mon niveau d’anglais est effectivement loin d’être « amazing ». Une quarantaine d’heures avec un prof particulier s’imposent entre Février et Juin. L’anglais est maintenant à niveau, pour le mandarin on verra sur place !
Les choses s’accélèrent à partir du deuxième trimestre 2017 avec en point d’orgue un premier voyage d’une semaine à Dongguan en Juin 2017. Malgré l’impitoyable chaleur – environ 35 degrés nuit et jour ! – et les averses torrentielles ce premier séjour sur place a conforté mon choix. Je profite de ma semaine pour visiter les bureaux (climatisés, yeah !) et l’usine. Je passe du temps avec les responsables de chaque département, la plupart aussi expatriés. Il n’y a aucun autre français sur place donc l’immersion est totale. La semaine se termine dans nos bureaux de Hong Kong. Une seule journée y suffit pour comprendre que c’est une ville hors normes. Je suis resté ébahi près d’une heure devant le spectacle qu’offre la baie de Hong Kong.
Après ce premier voyage tout est allé très vite : j’enchaine les check-up médicaux, les vaccinations, et quelques allers-retours au consulat de Chine de Strasbourg (voir l’encadré)… en plus de tout ce qu’il faut gérer au niveau personnel. J’ai ainsi 1/ changé de forfait mobile pour un plus petit forfait afin garder mon numéro français, utile lorsqu’on rentre au pays 2/ résilié tous mes abonnements et assurances 3/ établi un contrat de gestion locative pour mon appartement 4/ tenté de vendre ma voiture 5/ changé d’adresse (un faux retour chez les parents !) 6/ plein d’autres choses que j’ai sans doute oublié, la check-list était très longue…
Il m’a fallu avant tout un bon accompagnement de la part du Groupe Wolf Lingerie pour préparer cette expatriation. Ensuite de la patience et de la persévérance. Je n’aurais pas pu me lancer seul dans cette aventure, sous peine d’être trop vite découragé. Je remercie donc vivement la Direction de Wolf Lingerie pour la confiance accordée, et toutes les personnes du Groupe qui ont rendu cette expérience possible.

 

Le premier mois en Chine

Mi-septembre, décollage un jeudi et me voilà en Chine le vendredi, après 11h de vol Francfort – Hong Kong puis 2h de taxi Hong Kong – Dongguan. Il est environ 10h heure locale (-6h = 4h du matin en France) et j’ai l’impression d’être toujours jeudi ! Une longue première journée qui forcement se finie tard après un restaurant avec les nouveaux collègues et la découverte d’un bar local – à priori une institution pour expats ! Maintenant place au weekend pour recharger les batteries.

Je profite de ce premier weekend pour me balader en ville muni de mon appareil photo comme un parfait touriste chinois dans les rues parisiennes. Les rôles sont juste inversés. Le premier fait marquant est d’être dévisagé à chaque coin de rue. C’est assez perturbant. Au début je souriais bêtement, puis on s’y accommode et très vite on ne fait plus attention.

Le deuxième choc est de prendre conscience de l’immensité de la ville. Comme évoqué dans le premier épisode, Dongguan est une ville-préfecture très étendue avec 32 districts. La superficie totale de la ville atteint 2465 km², soit environ 60 km Est-Ouest et 40 km Nord-Sud. Du fait de cette immensité ce n’est pas une ville de buildings et de gratte-ciels. Dongguan possède même dix parcs forestiers et cinq réserves naturelles ce qui en fait l’une des villes de Chine les plus « verte » (Source : The Guardian). Malgré tout la pollution est très présente car la majorité des districts sont destinés à l’industrie, ce qui donne à Dongguan le statut d’usine du Monde. En effet la ville compte un million d’usines, et un smartphone sur cinq dans le monde est produit ici (Source : The Guardian).

Les premières semaines sont consacrées aux démarches administratives et à la recherche d’un appartement. Pour la Chine, le précieux Visa Z (visa de travail) n’autorise qu’une seule entrée sur le territoire. Le titulaire du visa a ensuite un mois pour « régulariser » sa situation. Ces démarches peuvent être longues mais sont facilitées par l’aide du service des Ressources Humaines de l’entreprise. Cela se fait en deux étapes, obtenir le permis de travail, qui permet d’appeler le permis de résidence, et seulement dans ce sens-là. En tant qu’étranger on justifie d’abord d’un travail avant de devenir résident chinois. Le permis de résidence autorise les étrangers à sortir et enter sur le territoire sans limite. Durant les premières années il doit être renouvelé tous les ans. Par exemple pour se rendre à Hong-Kong ou Macao, qui sont des territoires rattachés à la République populaire de Chine mais avec un statut particulier (frontière, monnaies différentes …), les chinois ont besoin d’un visa, alors que les étrangers en permis de résidence peuvent s’y rendre sans contrainte.

Maintenant bien installé je me plonge dans mon nouveau poste. Beaucoup de projets s’enclenchent, aussi intéressants les uns que les autres. Je profite de chaque instant pour apprendre de nouvelles choses et gagner en expérience. Mon anglais s’améliore et le contact avec les collègues également (même si l’anglais avec l’accent chinois reste parfois un mystère !)

Pour commencer une vie sociale et trouver des joueurs de tennis de table je décide de contacter le magazine de la ville destiné aux expatriés, HERE DONGGUAN. Articles, bons plans, conseils… c’est le mensuel qui fait figure de guide de survie pour les expatriés de la ville. A ma grande surprise je retrouve mon mail dans le numéro du mois suivant, rubrique « La lettre du mois ». Rapidement je reçois un message sur le réseau social WeChat (le « Facebook » chinois). Un français, cocorico ! En fait la communauté française est très bien représentée ici avec une centaine de Français. Pour éviter le mal du pays un dîner entre « Frenchies » est organisé chaque mois par les membres les plus actifs. Rendez-vous directement pris pour le prochain !